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Quels sont les mécanismes impliqués dans les souches d’Achromobacter résistantes aux β-lactamines (BL) d’intérêt médical majeur chez les patients atteints de mucoviscidose ? Une étude multicentrique franco-belge.
Axe de recherche : Infection Délégation territoriale : Franche-Comté Domaine de recherche : Recherche fondamentale
Porteur du projet : Lucie AMOUREUX
Contexte :
Les bactéries appelées Achromobacter peuvent être isolées dans les crachats des patients atteints de mucoviscidose et entraîner une dégradation de leur fonction respiratoire, en particulier chez les patients ne pouvant bénéficier des nouvelles trithérapies modulatrices de CFTR et chez les patients transplantés. Elles sont souvent résistantes à beaucoup d’antibiotiques très utilisés y compris pour traiter d’autres infections bactériennes comme celles dues à Pseudomonas aeruginosa, bactérie qui leur est fréquemment associée. Il en résulte que les options thérapeutiques sont parfois très limitées chez ces patients. Ces bactéries font partie des pathogènes peu étudiés, car moins isolées que d’autres (3,4% des patients en France en 2024) et car cela nécessite des collaborations entre centres. Il en résulte qu’il n’existe pas à l’heure actuelle de recommandations de traitement, et que les mécanismes de résistance aux antibiotiques sélectionnés chez les patients ne sont pas bien connus. Une meilleure connaissance de ces mécanismes et des antibiotiques favorisant leur sélection permettrait de proposer une meilleure prise en charge des patients.
Objectifs :
Dans ce travail nous proposons d’étudier les mécanismes mis en œuvre dans des souches d’Achromobacter devenues résistantes à des antibiotiques de la famille des β-lactamines (BL) chez des patients atteints de mucoviscidose. Ces antibiotiques majeurs sont très utilisés pour le traitement des infections à Achromobacter ou Pseudomonas. Des mécanismes de résistance aux BL ont été décrits dans quelques souches, mais l’importance de ces mécanismes (leur fréquence et les antibiotiques favorisant leur survenue), n’est pas connue chez les patients colonisés. Il s’agit principalement de pompes d’efflux capables d’expulser les antibiotiques à l’extérieur de la bactérie, ou d’enzymes de type β-lactamases (βlases), capables d’inactiver ces antibiotiques. Nous proposons de rechercher le mécanisme en cause dans des souches d’Achromobacter devenues résistantes et isolées d’une trentaine de patients colonisés de façon chronique. Nous rechercherons également les antibiotiques reçus par ces patients et ayant pu faciliter la sélection de résistance. Ces patients seront issus de différents centres en France et en Belgique.
Perspectives :
Ces travaux seront les premiers à décrire chez une trentaine de patients les mécanismes impliqués dans la résistance acquise aux BL chez Achromobacter. La compréhension et la connaissance des mécanismes est la première étape nécessaire pour pouvoir mieux lutter contre la sélection de souches résistantes. En effet certains mécanismes sont induits par la prise d’antibiotiques. Par exemple l’efflux de BL peut être induit par exposition à des fluoroquinolones (FQ). D’autres mécanismes sont transférables d’une bactérie à une autre, et il est alors important de prendre des mesures pour éviter la dissémination des gènes de résistance. Ces résultats contribueront à l’élaboration de recommandations dans lesquelles on pourrait déconseiller l’utilisation d’un antibiotique connu comme favorisant la sélection de résistance, et ceci même si cet antibiotique semble actif ou s’il est utilisé contre une autre bactérie (par exemple l’utilisation de FQ ou de méropénème pour traiter P. aeruginosa en présence d’Achromobacter).
L’ensemble de ces résultats devrait permettre une meilleure prise en charge des patients atteints de mucoviscidose colonisés par Achromobacter.



