Vous êtes ici

Etude du sécrétome de l'épithélium des voies aériennes humaines mucoviscidosiques - Mise en évidence de modifications liées à la pathologie.

Dernière mise à jour 06.08.2020 à 12h33

Axe de recherche : Inflammation Délégation territoriale : Champagne-Ardenne

Porteur du projet : Christelle CORAUX

INSERM - UMR-S 1250



Contexte :

Dans la mucoviscidose (CF), la maladie pulmonaire est la cause majeure de mortalité des patients. La dégradation pulmonaire est, en grande partie, la conséquence d’un dysfonctionnement du tissu de recouvrement des bronches, l’épithélium, qui de ce fait, semble être incapable de se défendre contre les bactérie et l’hyper-inflammation qu’elles engendrent. Bien que de nombreuses études tentent de décoder la mécanistique du dysfonctionnement de l’épithélium des bronches CF et son lien avec le défaut de la protéine mutée dans la CF, la protéine CFTR, les résultats obtenus sont encore partiels. De plus, des études suggèrent que CFTR est impliquée dans de très nombreux processus au niveau de la cellule de l’épithélium, y compris dans des processus qui sont encore inconnus à ce jour. Il serait donc intéressant de déterminer l’éventail complet des protéines sécrétées par les cellules des bronches qui ne sont pas malades et celui produit par les cellules des bronches de patients mucoviscidosiques, afin d’en déterminer les différences qui pourraient expliquer le dysfonctionnement de l’épithélium des bronches CF.



Objectifs :

L’objectif principal de ce projet est d’analyser, par une technique dite d’analyse globale (protéomique), l’identité des protéines produites et sécrétées (sécrétome) par les cellules de l’épithélium qui couvre les bronches humaines atteintes de mucoviscidose ou non, dans un système de culture des cellules qui leur permet de reformer un épithélium similaire à celui qui couvre les bronches, et ce, dans un environnement où on ne trouve ni inflammation ni infection. Cette analyse permettra de comparer ce qui est produit par les cellules qui ne sont pas CF et ce qui est produit par les cellules CF.



Perpectives :

La comparaison de l’identité et de la quantité de protéines produites par les cellules qui ne sont pas CF (sécrétome non-CF) et des protéines produites par les cellules CF (sécrétome CF) permettra d’obtenir de nouvelles informations sur les mécanismes cellulaires impliqués dans le dysfonctionnement de l’épithélium dans la CF, dysfonctionnement qui génère un défaut de défense de cet épithélium. Ce travail permettra donc d’identifier de nouvelles protéines clés qui pourraient alors devenir de nouvelles cibles thérapeutiques.



Résultats obtenus :

Les travaux précédents de l’équipe ont permis de montrer que le tissu qui recouvre les bronches des patients mucoviscidosiques, appelé épithélium, présente des altérations dans un processus permettant de se reformer après une lésion, processus que l’on appelle régénération. La régénération de l’épithélium mucoviscidosique (CF) aboutit à la reconstruction d’un tissu anormal et peu fonctionnel, en absence même de toute infection ou inflammation. Cette observation permet d’expliquer en partie le déclin de la fonction respiratoire des patients CF lié à l’altération de la clairance mucociliaire. En outre, nous avons montré qu’une molécule naturelle issue d’une céréale champardennaise permettait de corriger le défaut de régénération de l’épithélium CF, y compris dans un contexte inflammatoire. Enfin, nous avons montré que des molécules naturelles issues de la vigne ont un impact sur la cicatrisation de l’épithélium CF suite à une plaie, ce qui ouvre des perspectives thérapeutiques importantes pour la prise en charge du trouble respiratoire chez les patients CF.