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Biomarqueurs de la colonisation précoce à Pseudomonas aeruginosa chez les enfants atteints de mucoviscidose (étude BEACH)

Dernière mise à jour 06.08.2020 à 13h20

Axe de recherche : Infection Délégation territoriale : Côtes d'Armor-Finistère

Porteur du projet : Geneviève HERY-ARNAUD

Faculté de médecine de Brest / CHRU de Brest - UMR1078 "Génétique, Génomique fonctionnelle et Biotechnologies"



Contexte :

L'infection par le bacille pyocyanique (également appelé Pseudomonas aeruginosa ou "pyo") reste la cause principale de mortalité chez les malades de la mucoviscidose. Bien que les dernières années aient vu des développements très intéressants pour améliorer la détection de ce pathogène et son traitement, on sait que un tiers des enfants sera infecté par cette bactérie avant l'âge de 2 ans avec des conséquences potentiellement délétères sur la fonction respiratoire si le diagnostic de l'infection est posé trop tardivement. On sait également que plus la colonisation par cette bactérie est détectée tôt, meilleures seront les chances de l'éradiquer. Les données récentes chez le sujet sain montre qu'il existe naturellement une flore microbienne dans les poumons et que ces bactéries naturelles de l'Homme jouent des rôles essentiels pour la bonne santé pulmonaire.



Objectifs :

Nous prévoyons de valider l'intérêt de Porphyromonas en répliquant notre étude pilote sur une étude de plus grande ampleur (plus d'enfants venant de différentes villes). Nous allons vérifier si cette bactérie se trouve aussi dans l'intestin et si sa quantité intestinale peut aussi prédire la colonisation à pyo. Nous souhaitons aussi trouver d'autres bactéries d'intérêt ("bonnes bactéries") dans la flore digestive et pulmonaire. Ce projet va permettre de constituer une collection de prélèvements très précieux car rares qui sera très intéressante pour des recherches futures.



Perspectives :

En perspective, nous pensons que le dosage de Porphyromonas pourrait offrir un suivi plus personnalisé des patients pour évaluer leur risque de se coloniser à pyo et cela dès le plus jeune âge. Nous pouvons imaginer à l'avenir de ré-instiller Porphyromonas chez les patients déficients en cette bactérie par greffe bactérienne par instillation nasale ou pulmonaire afin de les aider à mieux combattre l'infection à pyo. Ceci demandera bien sûr de réaliser d'autres études, d'abord pré-cliniques dans des modèles animaux puis de tolérance chez l'Homme et enfin d'efficacité dans un essai clinique chez les malades. A l'heure où l'inquiétude sur la résistance bactérienne est grande, il est important de chercher des alternatives thérapeutiques.



Résultats obtenus :

Avec notre équipe, nous avons pu montrer qu'une bactérie appelée Porphyromonas était trouvée en quantité plus grande chez les patients muco qui ne font pas d'infection à pyo. A l'inverse, nous avons montré que lorsque la quantité de Porphyromonas diminue, les patients sont plus à risque de se coloniser à pyo. Porphyromonas est connu pour faire partie de la flore microbienne normale pulmonaire et digestive chez les sujets sains. Nous avons mis au point une méthode originale de dosage de cette bactérie. Nous avons montré dans une étude pilote (sur un petit nombre d'enfants, n=25) que cette bactérie colonisait très tôt les poumons des bébés atteints de mucoviscidose et que chez les enfants qui attrapaient le pyo, la quantité de Porphyromonas avait beaucoup diminué (de cent fois) voire avait disparu. Nous faisons donc l'hypothèse que le dosage de Porphyromonas dans les poumons mais également dans l'intestin pourrait identifier les patients plus à risque de s'infecter par le pyo.