Vous êtes ici

Protéines exportées par le système de sécrétion de type VII ESX-4 de Mycobacterium abscessus : quelles cibles pour le développement d'un test diagnostique et d'un vaccin ?

Dernière mise à jour 09.08.2019 à 11h52

Axe de recherche : Infection Délégation territoriale : Île de France

Porteur du projet : Jean-Louis HERRMANN
UFR Des Sciences de la Santé, Université de Versailles Saint Quentin en Yvelines - UMR1173

Contexte : 
Nous avons observé et publié très récemment, dans la revue de l'Académie des Sciences Américaine, le rôle de plusieurs gènes responsables de la virulence de Mycobacterium abscessus, une bactérie qui infecte fréquemment les poumons de patients souffrant de la Mucoviscidose. Ces gènes contribuent à l'assemblage et l'organisation de ce que l'on appelle un appareil de sécrétion de type VII, c'est-à-dire, un élément fonctionnel important de la mycobactérie qui lui permet d'exporter à sa surface ou de secréter dans le milieu extérieur des protéines qui peuvent constituer des facteurs de virulence. Nous avons montré que la perte de ce système de sécrétion ne permettait plus à M. abscessus de survivre au sein des macrophages humains et par conséquent de ne plus persister dans l'organisme infecté. Nous avons identifié plusieurs protéines sécrétées que nous proposons d'étudier dans le contexte de ce projet.

Objectifs :
Dans une démarche diagnostique, voire vaccinale, nous allons étudier le système de sécrétion de type VII, que nous avons identifié chez M. abscessus et essayer de voir s'il libère dans le milieu extérieur des protéines qui pourraient être utilisées, à l'instar de celles connues chez M. tuberculosis, en vue de la mise au point d'un test diagnostique et d'un vaccin. Nous essaierons également de comprendre leur rôle dans la physiologie et la virulence de M. abscessus, et si les deux systèmes existants chez ces deux mycobactéries, fonctionnent de manière similaire. Notre objectif principal est d'identifier les éléments sécrétés par ce système afin de développer un test diagnostique et un candidat vaccin pour lutter contre M. abscessus qui est une bactérie persistante, émergente et notamment difficile à éradiquer, étant donné sa multi-résistance aux antibiotiques, vaccin qui pourra limiter la consommation d'antibiotiques vis-à-vis de cette bactérie et chez ces patients sous antibiothérapie intensive.

Perspectives :
Les travaux envisagés, et décrits plus hauts sous un abord scientifique, vont consister essentiellement (i) à étudier la réponse immunitaire suite à une infection chez la souris; (ii) à comparer l'expression de notre système de sécrétion dans des environnements génétiques différents, notamment au sein de mycobactéries pathogènes vraies comme l'agent de la tuberculose; (iii) enfin à connaitre ce que la bactérie a perdu lorsque le système de sécrétion ne fonctionne plus, à l'aide de réactifs biochimiques et immunologiques.

Résultats obtenus : 
Le projet a démarré en octobre 2018. Durant ces 6 mois, l'étudiante en thèse a pu obtenir les outils qui lui permettront d'évaluer la reconnaissance de notre système de sécrétion chez la souris, et de le comparer en fonction de l'environnement génétique utilisé (avec ou sans la mutation dans le système de sécrétion).Afin de permettre la bonne conduite des différentes expériences avec les souris, Marion Lagune étudiante en thèse sur ce projet a obtenu le diplôme d’Expérimentation Animale Niveau Concepteur de projet.