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Etude des Lymphocytes T non conventionnels (LTNC) dans la mucoviscidose

Dernière mise à jour 09.08.2019 à 11h48

Axe de recherche : Inflammation Délégation territoriale : Centre - Val de Loire

Porteur du projet : Antoine GUILLON
Centre d'Etude des Pathologies Respiratoires (CEPR) - U1100

Contexte : 
La muqueuse respiratoire est en contact permanent avec des virus et des bactéries. Lorsque ces microbes agressent la muqueuse respiratoire, l’organisme déclenche une réponse inflammatoire pour les éradiquer et réparer les dégâts causés. Durant la mucoviscidose, cette réponse inflammatoire est anormale : elle est persistante et disproportionnée. Ceci conduit à des dégâts au sein de la muqueuse, et, paradoxalement, la réponse inflammatoire devient moins efficace dans la lutte contre les micro-organismes.
Les mécanismes qui perpétuent cette dérégulation de la réponse inflammatoire sont mal compris. Les progrès récents issus de l’immunologie ont permis de mettre en évidence l’existence d’une nouvelle population de globules blancs (des lymphocytes T dit « non conventionnels »), dont le rôle est de réguler la réponse inflammatoire dans la muqueuse respiratoire. 
Ils n’avaient pas été identifiés jusqu’à présent car ils sont en concentration très faible dans le poumon. C’est la récente compréhension de leur rôle de chef d’orchestre qui nous fait nous focaliser sur cette population de cellules non-étudiées jusqu’alors dans le cadre de la mucoviscidose.

Objectifs :
Nous ne savons pas comment ces cellules se comportent au cours de la mucoviscidose. Nous pensons qu’elles sont dans un état d’activation permanente, ce qui contribue à une inflammation chronique du poumon, mais également à l’incapacité à réagir à une nouvelle agression. 
L’objectif de cette étude est donc d’étudier le rôle de ces lymphocytes T particuliers au cours de la mucoviscidose. Nous étudierons ces cellules dans le sang et dans les "crachats" (les expectorations) des patients. Nous nous intéresserons à leur nombre, à leur activation et à leurs fonctions (dialogues avec les autres cellules de la réponse inflammatoires). Nous pourrons corréler ces résultats à l'état de chaque patient au moment où sont faites ces analyses.

Perspectives :
Ces cellules n’ont jamais été étudiées dans la mucoviscidose. Les résultats apporteront un éclairage innovant sur notre compréhension de l’inflammation pulmonaire qui persiste chez nos patients.
L'enjeu est important puisque il n'existe aucun traitement efficace pour moduler la réponse inflammatoire dans la mucoviscidose. Or, ces lymphocytes T spécialisés sont déjà considérés comme des cibles pour moduler la réponse inflammatoire en cancérologie, et des essais cliniques sont en cours.
Ainsi, si nous montrons que ces cellules sont en cause dans la dérégulation de l'inflammation  au cours de la mucoviscidose, un nouveau champ de recherche thérapeutique pourrait s’envisager en bénéficiant  des avancées techniques et scientifiques effectuées en cancérologie.

Résultats obtenus :