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Pathogènes opportunistes émergents au cours de la mucoviscidose : diversité dans l’environnement domestique et relation entre souches cliniques et environnementales d’Achromobacter et de Stenotrophomonas maltophilia.

Dernière mise à jour 08.08.2019 à 17h11

Axe de recherche : Infection Délégation territoriale : Languedoc-Roussillon

Porteur du projet : Chloé DUPONT
Université de Montpellier, UFR Sciences Pharmaceutiques & Biologiques, UMR HSM - Equipe PHySE "Pathogènes Hydriques, Santé, Environnements"

Contexte : 
Ces dernières années, les infections associées à la mucoviscidose (CF) ont changé avec l’apparition de nouveaux agents infectieux, notamment Achromobacter (Ax) et Stenotrophomonas maltophilia (Sm). Chaque patient semble héberger ses propres souches d’Ax et Sm, ce qui indique qu’il ne se contamine pas à partir d’autres patients mais à partir de l’environnement. 
L’environnement des patients est peu étudié. Il en résulte un manque de connaissances sur les réservoirs et la transmission de ces bactéries alors que des recommandations contraignantes sur l’entretien du domicile sont données aux familles.
Lors d’une étude préliminaire, nous avons identifié Ax et Sm dans 3 domiciles de patients. L’objectif est d’explorer ces bactéries chez un plus grand nombre de patients et leurs domiciles afin de comparer les souches de chaque patient aux souches de leur environnement domestique pour révéler de possibles transmissions environnement ⇔ patient et/ou inversement. Nous espérons ainsi pouvoir proposer des mesures d’hygiène et d’entretien des domiciles argumentés par la recherche.

Objectifs :
L’objectif est de comparer les bactéries isolées de l’environnement domestique et des voies respiratoires de patients pour évaluer leur transmission entre patient et environnement. Cette étude concernera les patients porteurs d’Ax et Sm. Deux échantillons d’expectorations seront analysés lors de 2 consultations, si possible lors d’un état stable et d’une exacerbation. Deux campagnes de prélèvements seront menées au même moment au domicile du patient en ciblant particulièrement les zones humides et l’eau pour rechercher ces mêmes bactéries, soit à l’état libre, soit présente dans des organismes comme les amibes. Les réservoirs domestiques et les liens entre ces réservoirs et les patients seront caractérisés. L’étude des autres espèces bactériennes associées à Ax et Sm, avec une attention particulière pour le bacille pyocyanique et les mycobactéries non tuberculeuses, donnera des indications sur d’éventuelles associations bactériennes cliniques ou environnementales. Ces travaux permettront la rédaction de recommandations basées sur les résultats acquis pour une meilleure gestion du risque infectieux environnemental au cours de la mucoviscidose.

Perspectives :
Les nombreuses perspectives peuvent être regroupées en 3 catégories principales :

  • Elargir cette étude aux patients d’autres CRCM et à des patients colonisés par d’autres pathogènes émergents. Ceci pourrait permettre d’analyser des groupes cas/témoin pour obtenir des résultats robustes sur certaines questions précises, comme l’impact de l’usage de désinfectants et des fréquences d’entretien sur les réservoirs de bactéries aux domiciles des patients ainsi que les transmissions patient ⇔ environnement. 
  • Créer un groupe d’experts du risque infectieux environnemental, formé d’hygiénistes et de patients afin de répondre aux questions des patients et de leurs familles et de reconsidérer les recommandations à destination des patients pour limiter l’exposition domestique. Un questionnaire sur le mode de vie et l’exposition à l’eau en dehors de la maison pourra être étendu à tous les CRCM de France.
  • Conduire d’autres analyses sur la collection d’échantillons et de souches qui sera unique dans le cadre d’études approfondies visant à mieux comprendre les mécanismes mis en jeu dans les relations hôte/environnement/agents infectieux dans la mucoviscidose.

Résultats obtenus : 
Les résultats préliminaires qui ont été publiés, ont été obtenus au cours de l’étude de 3 domiciles de patients atteints de mucoviscidose suivis au Centre de Ressources et de Compétences de la Mucoviscidose (CRCM) de Montpellier. Les travaux ont été menés sur les fonds propres du laboratoire PHySE-HSM.