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Impact clinique de la concentration et de l’affinité des anticorps anti-HLA DQ dirigés contre le donneur en transplantation pulmonaire

Dernière mise à jour 27.07.2017 à 12h03

Axe de recherche : Transplantation Délégation territoriale : Aquitaine Nord

Porteur du projet : Jonathan VISENTIN
CHU de Bordeaux - Laboratoire d'Immunologie et Immunogénétique

Contexte :
En France, la mucoviscidose est la seconde indication de transplantation pulmonaire, environ ¼ des cas. La transplantation augmente la qualité de vie et la survie de ces patients. Un des facteurs de réussite de la transplantation est la compatibilité donneur/receveur au niveau du système HLA. Il existe de nombreuses molécules HLA différentes et celles-ci constituent la « carte d’identité » cellulaire des individus. Les transplantations sont souvent réalisées en situation de différences HLA entre donneur et receveur, ce dernier pouvant ainsi développer des anticorps dirigés contre les molécules HLA du donneur (DSA) différentes des siennes, le plus souvent contre les HLA-DQ. Ces DSA peuvent agresser le greffon, induire un rejet humoral (RH) et une dysfonction chronique du greffon qui est une cause importante de mortalité. Le diagnostic de RH reste difficile à établir chez un patient produisant des DSA, notamment parce que les techniques actuellement utilisées pour identifier les anticorps anti-HLA sont imprécises. En effet, elles ne permettent pas de déterminer leur quantité dans le sérum ni leur activité biologique, et donc leur potentiel à induire un RH.

Objectifs : 
Nous avons mis au point une méthode permettant de quantifier les DSA anti-HLA DQ dans le sérum des patients, c’est-à-dire leur concentration, et de déterminer les paramètres déterminant leur force d'interaction avec leur cible HLA, c'est-à-dire leur affinité. La technologie que nous utilisons est la résonance plasmonique de surface (SPR), historiquement développée pour étudier les complexes antigènes-anticorps. Notre objectif principal sera de comparer les paramètres quantitatifs des DSA anti-HLA DQ, au moment de leur apparition dans le sérum, entre les patients transplantés pulmonaires développant une dysfonction chronique du greffon et ceux conservant une fonction respiratoire stable. Nos objectifs secondaires seront d'étudier la relation entre les paramètres quantitatifs des DSA et la survie du greffon, mais aussi de répéter les mesures dans des sérums supplémentaires afin de déterminer leur évolution dans le temps et évaluer si celle-ci est associée à l’évolution clinique. Les paramètres quantitatifs des DSA seront également corrélés aux méthodes couramment utilisées dans les laboratoires d'histocompatibilité pour l'analyse des DSA.

Perspectives : 
Les paramètres quantitatifs des DSA deviendraient de nouveaux biomarqueurs non invasifs du RH chez les patients transplantés pour une mucoviscidose. Lors de l’apparition des DSA, ces biomarqueurs se placeraient en amont de la biopsie du greffon afin d'apporter des arguments en faveur ou défaveur de la réalisation de ce geste invasif pouvant entraîner des complications. Ils guideraient également les décisions thérapeutiques, c’est-à-dire justifieraient la mise en place d’un traitement du RH chez les patients ayant des anticorps très pathogènes, et le contre-indiqueraient chez ceux ayant des anticorps peu pathogènes. En effet, ces traitements ne sont pas dénués d’effets indésirables, il est donc important de bien cibler les patients qui en bénéficient. Enfin, une meilleure connaissance des DSA permettrait d’améliorer la stratégie d’appariement donneur/receveur en choisissant des paires plus « compatibles », c’est-à-dire induisant la production de DSA peu pathogènes. Ceci prolongerait la durée de vie des greffons pulmonaires dans le contexte actuel de pénurie d’organes et augmenterait l’accès à la greffe pour les patients atteints de mucoviscidose.