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Quantification de Porphyromonas au sein du microbiote respiratoire des enfants atteints de mucoviscidose (Etude Porphy_Biom-CF)

Dernière mise à jour 17.07.2017 à 15h09

Axe de recherche : Infection Délégation territoriale : Côtes d'Armor-Finistère

Porteur du projet : Geneviève HÉRY-ARNAUD
CHRU Brest - Hôpital La Cavale Blanche - Unité de Bactériologie - UMR 1078

Contexte :
L'infection par le bacille pyocyanique (également appelé Pseudomonas aeruginosa) reste la cause principale de mortalité chez les malades de la mucoviscidose. Bien que les dernières années aient vu des développements très intéressants pour améliorer la détection de ce pathogène et son traitement, on sait que un tiers des enfants sera infecté par cette bactérie avant l'âge de 2 ans avec des conséquences potentiellement délétères sur la fonction respiratoire si le diagnostic de l'infection est posé trop tardivement. On sait également que plus la colonisation par cette bactérie est détectée tôt, meilleures seront les chances de l'éradiquer. Un des défis pour combattre le pathogène est donc d'améliorer le dépistage de la bactérie lorsqu'elle s'installe dans les voies respiratoires.

Objectifs :
"L'objectif principal du présent projet est de valider la présence de Porphyromonas dans une cohorte de nourrissons et d'enfants atteints de mucoviscidose en précisant l'identification et la quantité dans les prélèvements respiratoires des enfants durant leurs 2 premières années de vie. Aucune donnée n'est actuellement disponible à ce sujet.
Ce projet permettra également de préciser l'intérêt de Porphyromonas comme biomarqueur prédictif du risque d'infection à P. aeruginosa."

Perspectives :
"Ce projet pilote si il confirme l'intérêt potentiel de Porphyromonas pour mieux détecter les nourrissons et enfants à risque de se coloniser précocement avec le bacille pyocyanique aboutira à la mise en place d'une étude de plus grande ampleur pour la validation de ce biomarqueur.
A terme, les débouchés seront de cibler les patients à haut risque de se coloniser, de leur proposer un suivi plus rapproché, voire de les supplémenter avec cette bactérie si elle s'avère avoir des propriétés probiotiques intéressantes contre le Pseudomonas."

Résultats obtenus :
"Grâce à l'association Vaincre la Mucoviscidose, notre équipe a pu mettre au point une méthode très performante pour détecter le bacille pyocyanique (Le Gall et al., 2013). Nous avons validé l'intérêt de cette méthode basée sur la PCR dans une étude prospective où 96 patients ont été inclus et suivis pendant 3 ans en montrant qu'elle faisait gagner 8 mois sur l'approche conventionnelle basée sur la culture bactérienne (Héry-Arnaud et al., 2016). 
Nous avons poursuivi notre objectif de trouver des moyens pour contrecarrer l'infection à P. aeruginosa en posant l'hypothèse que les communautés bactériennes présentes dans les poumons (que l'on désigne sous le terme de microbiote respiratoire) jouaient également un rôle important dans l'implantation du pathogène. Pour étudier cette hypothèse, nous avons étudié le microbiote respiratoire (étude MUCOBIOME) qui a révélé que les patients ayant une moindre quantité d'une bactérie appelée Porphyromonas dans leurs crachats semblaient plus à risque d'attraper le bacille pyocyanique."