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MUCOVIR : Validation du diagnostic moléculaire des infections virales respiratoires sur les expectorations des patients atteints de mucoviscidose

Dernière mise à jour 17.07.2017 à 15h11

Axe de recherche : Infection Délégation territoriale : Côtes d'Armor-Finistère

Porteur du projet : Sophie VALLET
Centre Hospitalier Régional Universitaire - Département de Bactériologie - Virologie - Parasitologie/Mycologie - Hygiène Hospitalière; Unité de Virologie

Contexte :
Notre projet se rapporte a la part importante et trop souvent délaissée que présentent les virus dans la mucoviscidose. Les virus présents dans l’arbre respiratoire des patients participent, comme le font les bactéries, à aggraver la maladie, les patients infectés risquent d’être hospitalisés plus souvent, leur qualité de vie en est fragilisée. Si ces virus sont mauvais pour le patient, la première chose à faire est de les rechercher dès que le patient présente des signes d’infections respiratoire aiguë (fièvre, gros rhume, difficultés à respirer). Le point capital pour bien rechercher ces virus c’est d’avoir un bon prélèvement. Or, aucune recommandation n’existe quant à quel prélèvement faire chez ce patient. Chez les patients qui n’ont pas la mucoviscidose, c’est un prélèvement nasopharyngé qui est fait (un écouvillon, comme un long et fin coton tige qui est inséré profondément dans la narine en réalisant 2 à 3 mouvements rotatifs), il entraine un inconfort, est désagréable.

Objectifs :
L’objectif de notre projet est de vérifier si les virus peuvent être aussi bien détectés dans les crachats que dans les prélèvements de nez qui sont souvent mal acceptés par les patients. Le prélèvement de crachat n’est pas douloureux, mieux toléré et de toutes façons fait à chaque consultation pour la surveillance des infections bactériennes. Il pourrait donc être le prélèvement idéal pour rechercher les virus. Pour le montrer, les médecins de 7 centres  de la mucoviscidose (Roscoff, Angers, Caen, Nantes, 2 à Paris, Tours) vont sélectionner des patients (135 au total) qui ont une infection respiratoire aiguë et, avec leur consentement, leur faire 2 prélèvements : un nasopharyngé et un crachat sur lesquels tous les virus  connus (une vingtaine) seront recherchés au laboratoire. Les virus détectés dans chacun des 2 prélèvements seront comparés. Si les mêmes virus sont détectés, le crachat,  mieux toléré, pourra être recommandé et choisi de préférence pour ces recherches de virus.

Perspectives :
Dès que les crachats seront considérés comme le meilleur prélèvement pour détecter les virus, l’information sera donnée aux médecins qui auront plus facilement tendance à prescrire ces recherches. Le suivi des patients en sera meilleur, la vigilance face aux virus qui, souvent préparent la place pour l’installation des bactéries, qui sont partout et très contagieux pourra être renforcée en insistant sur l’hygiène des mains, la désinfection des nébuliseurs, la vaccination contre la grippe. Le suivi des virus respiratoires des patients, tout comme il est fait pour les bactéries, permettra d’alimenter le registre national d’informations concernant les patients. La prise en charge de la maladie et de ses traitements sera améliorée car il ne faut pas oublier que les virus peuvent être responsables de 50% des aggravations pulmonaires. Lorsqu’une infection virale sera détectée, il pourra être envisagé de modifier le traitement antibiotique à la baisse, là encore pour un mieux être du patient.