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Évaluation des effets physiologiques, mécaniques et rhéologiques résultant des manœuvres de désencombrement des voies aériennes chez les patients atteints de mucoviscidose.

Dernière mise à jour 17.07.2017 à 14h25

Axe de recherche : Atteinte pulmonaire Délégation territoriale : Autres

Porteur du projet : Grégory REYCHLER
Cliniques universitaires Saint-Luc - Service de Pneumologie et Médecine Physique

Contexte : 
Les techniques de désencombrement représentent une part importante du traitement des patients atteints de la mucoviscidose. Pourtant, les effets physiologiques des manœuvres de désencombrement demeurent peu élucidés, et, sans doute par voie de conséquence, le niveau de preuve en faveur de la technique la plus appropriée en fonction de la situation clinique reste nul. Afin de tenter d’éclaircir en tout cas en partie les effets de certaines manœuvres, la mesure de l’(in)homogénéité de la ventilation (c’est-à-dire l’efficience de la répartition de l’air dans toutes les parties du poumon) pourrait, dans ce contexte, éclairer certains points. De surcroît, l’utilisation optimale des appareils à pression expiratoire positive oscillante, très souvent utiles au désencombrement, reste actuellement indéterminée. Leurs retentissements physiologiques sont néanmoins fortement dépendants de la façon dont ils sont utilisés. Par ailleurs, une même utilisation peut engendrer des effets différents selon le contexte clinique du patient. La maîtrise de ces différents facteurs est donc un prérequis nécessaire à l’identification de leur utilisation optimale.

Objectifs : 
"Afin de mieux individualiser la kinésithérapie à la situation clinique dans la mucoviscidose (aussi bien pour des patients différents que pour un même patient dont l’état varie), nous souhaitons :

(1) évaluer les effets physiologiques engendrés par le drainage autogène (technique de désencombrement manuelle) via deux tests non invasifs et non irradiants mesurant le degré d’inhomogénéité de la ventilation. Les effets seront étudiés à court terme (après une seule séance de drainage) et à moyen terme (après ± 15 jours de traitement chez des patients hospitalisés pour une exacerbation pulmonaire).

(2) comparer les effets mécaniques de 5 appareils à pression expiratoire positive oscillante (PEPO) couramment utilisés comme techniques instrumentales de désencombrement : (a) Flutter VRP1, (b) Aerobika, (c) Acapella, (d) Shaker, (e) Gelomuk. Afin d’obtenir une évaluation robuste et reproductible, des paramètres ventilatoires standardisés seront générés et contrôlés par un poumon artificiel.

(3) établir les paramètres optimaux des appareils PEPO (avec un rhéomètre) permettant de liquéfier au mieux les sécrétions et donc favoriser le désencombrement."

Perspectives :
"La combinaison des deux tests mesurant l’inhomogénéité de la ventilation devrait permettre de mieux contrôler l’impact du drainage autogène chez les patients atteints de la mucoviscidose, de manière globale mais aussi individuelle. Par exemple, quelles sont les zones pulmonaires préférentiellement améliorées (zones pulmonaires distales ou proximales, poumon droit ou gauche, …), pourquoi et pour quels patients. L’identification de ces effets permettrait d’affiner et d’individualiser objectivement l’application des techniques pour chaque patient, améliorant l’efficacité de la kinésithérapie respiratoire.

La meilleure maîtrise des appareils PEPO permettrait de maximiser leurs effets compte tenu des caractéristiques cliniques du patient. Arriver à un tel résultat pourrait, en plus de l’amélioration des pratiques cliniques, déboucher sur une étude ultérieure à plus long terme : l’étude de l’effet d’un appareil à PEPO bien manié sur des patients atteints de la mucoviscidose et un contexte clinique particulier (par exemple les patients ayant des sécrétions très visqueuses)."